L’avenir des lampes halogènes

21/04/2015

Après d’âpres discussions au niveau européen, les ampoules halogènes resteront finalement deux ans de plus en
magasin. Les Etats membres ont adopté vendredi la proposition de la Commission européenne visant à reporter à septembre 2018 leretrait des lampes de classe énergie D, initialement prévu pour 2016. Cette décision concerne les ampoules éco-halogènes, qui se sont massivement substituées aux lampes à incandescence,déjà interdites par le passé. Elle ne touche pas les spots souvent utilisés dans les lampes de bureau ni les tubes employés dans certains éclairages. « Reporter le retrait au 1er septembre 2018 donne plus de temps aux industriels pour créer des emplois de substitution », a justifié la Commission dans un communiqué. Point sensible de cette réglementation, le basculement vers des éclairages plus économes en énergie risque d’engendrer une « casse sociale »dans les usines de fabriquant des éclairages traditionnels, car la technologie de substitution, la LED, est fabriquée en grande majorité en Asie. La Commission a chiffré le nombre maximal de suppressions d’emplois à 6.800 postes en Europe. A titre d’exemple, l’usine Osram de Molsheim, en Alsace, vient de lancer un nouveau plan de suppressions de postes, alors qu’elle s’était péniblement convertie à l’éco-halogène en 2009 au prix d’une lourde restructuration. D’où une pression des industriels pour reporter le retrait de l’éco-halogène à 2020.

« Compromis acceptable »

La fédération européenne LightingEurope considère finalement la date de 2018 comme un « compromis acceptable », comme elle l’indique dans un communiqué publié vendredi soir, même si elle aurait préféré un délai supplémentaire pour « assurer une transition douce vers les nouvelles technologies ». Parmi les partisans d’un maintien de l’échéance de 2016 figuraient notamment les pays d’Europe du Nord, des ONG ainsi que certains fabricants ayant basculé entièrement vers la LED, comme Lucibel, Erco ou Megaman. L’agence CLASP a évalué à quelque 6,6milliards d’euros le coût de ce report, en prenant en compte la consommation supplémentaire d’électricité sur dix ans.
Pour les consommateurs, le basculement vers la LED serait bénéfique, sachant que le retour sur investissement est estimé à un an. Mais les industriels peinent à trouver un modèle économique rentable, compte tenu de la guerre
des prix et des cycles de renouvellement très courts. Siemens et Philips, après un siècle de domination dans l’éclairage, ont tous deux scindé leurs activités. Après avoir affiché de grandes ambitions dans ce domaine, le coréen Samsung a finalement jeté l’éponge à l’automne dernier. Quant au petit « outsider » français Lucibel,
il a perdu l’an dernier près de 10 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros.

Ingrid Feuerstein
ifeuerstein@lesechos.fr
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